La e-prescription c'est quoi?

Sébastien Bonnet Docteur en Pharmacie CEO de MonOrdo - 16 févr. 2021

La e-prescription sera rendue obligatoire à partir de 2021, mais de quoi s’agit-il et quels sont ses avantages ?

Elément incontournable de la e-santé, la e-prescription fait partie des services numériques socles du plan Ma Santé 2022 et sera déployée puis généralisée en France à partir de 2021. Tous les éditeurs et professionnels de santé seront alors concernés et si les promesses sont grandes, le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît. Expert sur la question, MonOrdo détaille pour vous : qu’est-ce que la e-prescription et quels sont ses avantages ?

La e-prescription dans le plan Ma Santé 2022

En Juillet 2019, le Parlement a adopté le projet de loi “Ma Santé 2022”, qui dresse un ensemble de transformations importantes de notre système de santé. Un des enjeux premiers de cette stratégie concerne l’utilisation du numérique pour “mieux soigner”.

La digitalisation de la santé repose sur 5 orientations détaillées dans la Feuille de route du Numérique en Santé, dont parmi elles, le déploiement de 4 services numériques socles destinés à “échanger et partager les données de santé en toute confiance” :

  • Le Dossier Médical Partagé (que vous connaissez certainement sous l’acronyme “DMP”).
  • Les messageries de santé sécurisées.
  • La e-prescription.
  • Les services numériques territoriaux de coordinations de parcours.

La e-prescription représente donc un élément fondamental de la Stratégie Nationale de Santé. Plus précisément, elle se place comme l’un des outils nécessaires à la fluidification du parcours de soin à travers les échanges de données.

La e-prescription dans le plan "Ma Santé 2022"

A l’instar des nombreuses évolutions apportées dans le cadre de Ma Santé 2022, le déploiement de la e-prescription se fera étape par étape. Ce calendrier progressif a pour but d’expérimenter sur le terrain chaque type d’ordonnance, sur des échantillons restreints. Ainsi, les représentants des professionnels de santé concernés ont l’opportunité d’appréhender l’outil et de récolter les retours d’expérience du terrain avant de donner l’aval à une généralisation nationale.

Actuellement, l’adoption de la e-prescription a été validée et son déploiement, prévu sur 3 ans, a commencé par l’expérimentation des ordonnances de médicaments en 2019.

En 2020, l’expérimentation se poursuit avec les prescriptions de biologie et des actes infirmiers, qui seront suivies l’année suivante par les actes de kinésithérapie.

L’année 2021 marquera également une étape importante, puisque dès Janvier 2021, la e-prescription de médicament sera généralisée et rendue opposable sur tout le territoire. Dès lors, l’ensemble des éditeurs de logiciels d’aide à la prescription (LAP) et de logiciels d’aide à la dispensation (LAD) devront conformer leurs solutions aux standards de la e-prescription.

Un changement majeur donc pour tous les fournisseurs de solutions aux professionnels de santé.

Calendrier de la e-prescription

Si le numérique en santé a pour objectif principal de simplifier le parcours de soin, la e-prescription doit s’inscrire dans cette optique. 

Est-ce le cas et quels sont ses apports théoriques pour la santé ?

Que doit apporter la e-prescription ?

La e-prescription fait partie des services dédiés à l’échange des données de santé. De fait, son but premier est de simplifier et sécuriser la transmission de l’ordonnance depuis sa prescription jusqu’à sa dispensation en pharmacie ou la réalisation de l’acte médical.

 

4 principes régissent théoriquement la e-prescription (plus de détails sur la partie suivante) :

  • L’utilisation de standards de données communs à tous.
  • L’identification numérique des différentes parties prenantes (prescripteurs, patients, prescrits).
  • La dématérialisation de l’ordonnance.
  • Le passage d’un document figé à des lignes de données.

Partant de ces postulats, nombreux sont les avantages qui peuvent être identifiés.

Le premier, et probablement le plus évident, fait écho à la sécurisation des ordonnances. En effet, en certifiant numériquement les identités et en sauvegardant les données de prescription, un système informatique permet de tracer ces dernières et d’assurer ainsi l’unicité de l’ordonnance. Ici, il s’agit tout simplement de la fin des falsifications d’ordonnance.

Dans cette lignée, le mode de fonctionnement de la e-prescription est censé rendre plus fluide et plus fiable les échanges entre professionnels de santé, au même titre que la transmission des informations à l’assurance maladie. In fine, la coordination des soins doit se voir renforcée par l’utilisation d’ordonnances unifiées et électroniques.

La promesse de dématérialisation représente un aspect primordial de la e-prescription. Bien que cette promesse ne se vérifie pas encore (cf. partie suivante), il n’est pas difficile d’imaginer tous les bénéfices que peuvent en retirer les professionnels de santé et plus encore, les patients.

Outre les économies d’impressions et de papier, la suppression de ce dernier, couplée au développement d’outils numériques simples et ergonomiques, amène aux professionnels un confort de pratique et un gain de temps inédit.

Pour les patients, le stockage sur des espaces numériques sécurisées et accessibles rendent les ordonnances disponibles à tout moment et ne font plus craindre d’éventuelles pertes.

Cela ne s’arrête toutefois pas là. L’intérêt de la e-prescription se joue sur le passage d’un document figé (l’ordonnance papier ou PDF actuelle) à une prescription qui peut être qualifiée de “à la ligne”. Autrement dit, la structuration de l’ordonnance à partir d’un standard de données, elle devient ainsi une source directe de données qui peuvent être interprétées indépendamment les unes des autres.

 

Grâce aux données, les opportunités se multiplient

 

D’un point de vue scientifique et médical, deux avantages sautent aux yeux. Tout d’abord, la lecture intelligente des ordonnances permet de lutter contre la iatrogénie en identifiant, dès l’édition de la prescription (via un Logiciel d’Aide à la Prescription - LAP) les interactions médicamenteuses. Ensuite, c’est toute la recherche à l’échelle macro qui se voit enrichie, puisque les études peuvent être réalisées plus simplement et plus rapidement sur, par exemple, les pratiques de prescription, les tendances épidémiologiques, etc.

Du point de vue des patients et des services de prise en charge qui les concernent, les données ont également un impact positif fort. Elles permettent directement l’optimisation et l’automatisation de nombreux services, pour les patients comme pour les professionnels de santé. Les services de Click & Collect, de livraison, de transports sanitaires peuvent être simplifiés et accélérés ; les actes tels que les bilans de médication peuvent être préremplis automatiquement ; la liste est encore longue et beaucoup d’améliorations n’ont pas encore été imaginées. Les applications pour les patients peuvent être complétées : piluliers électroniques, rappels de prises, alertes en cas d’expiration d’ordonnance…

En bref, autant de services à valeur ajoutée qui renforcent l’observance des patients et que chez MonOrdo, nous avons déjà pris en compte (cf. parties suivantes).

 

Le potentiel de la prescription "à la ligne"

 Pour résumer, voici les avantages théoriques que permet, directement ou indirectement, la e-prescription :

  • Sécurité des ordonnances.
  • Coordination des soins renforcée.
  • Suivi des patients amélioré.
  • Economie de papier.
  • Amélioration des outils des professionnels de santé.
  • Lutte contre la iatrogénie.
  • Recherche scientifique enrichie.
  • Optimisation et automatisation des services de prise en charge.
  • Simplification du parcours de soin pour les patients.
  • Amélioration de l’observance des patients.

Logiquement incluse dans les services socles du Numérique en Santé, la e-prescription est un point de départ essentiel à la digitalisation de la santé. 

Nombreuses en sont les promesses. Pourtant, sans la dématérialisation réelle de l’ordonnance, beaucoup ne peuvent aboutir et à l’heure actuelle, e-prescription ne signifie pas encore dématérialisation.

 

Aujourd’hui, la e-prescription, c’est quoi concrètement ?

 

S’il n’est pas aisé de résumer simplement ce qu’est la e-prescription, nous pouvons en donner la définition suivante :

La e-prescription est l’ordonnance codifiée selon un standard de données précis, commun à tous et qui permet aux différents acteurs de l’ordonnance de communiquer de manière spécifique avec les serveurs de la sécurité sociale.

L’objectif est donc que tout le monde communique et échange sous un même format de données, déterminé par l’assurance maladie, afin de faciliter la transmission de l’information.

 

La codification de la e-prescription intervient à plusieurs niveaux :

  • Identification des professionnels de santé (N°AM / FINESS / RPPS)
  • Identification du patient (prénom, nom, date de naissance, etc.)
  • Codification des médicaments (code CIP, posologie, durée du traitement, etc.)
  • Codification des dispositifs médicaux et des actes (textes libres pour l’instant)
  • Identification de la prescription elle-même

Toutes ces informations codifiées sont apposées sur la prescription et une fois l’ordonnance prescrite via un LAP conforme, ce “paquet” de données est directement transmise de manière anonyme à la base de l’assurance maladie.

 Ce caractère anonyme a son importance puisque, tant que l’ordonnance n’est pas délivrée, en pharmacie ou par un autre prescrit, elle n’appartient en quelque sorte à personne. Seul un professionnel de santé, autorisé à traiter les ordonnances, va pouvoir récupérer les informations contenues sur la prescription.

Le schéma ci-dessous donne une vision plus claire du fonctionnement de la e-prescription, avec l’exemple d’une ordonnance de médicament.

 

Fonctionnement de la e-prescription

  1.   Le médecin, dûment identifié grâce à sa CPS (Carte de Professionnel de Santé) prescrit et le LAP transmet aux serveurs de l’Assurance Maladie l’ensemble des données anonymes.
  2. La prescription est alors identifiée à travers un numéro unique.
  3. Le médecin remet au patient une ordonnance papier, sur laquelle est apposé un QR Code qui comprend l'identifiant de la prescription.
  4. Le patient se rend en pharmacie avec son ordonnance papier et montre le QR Code au pharmacien.
  5. Le pharmacien, identifié grâce à sa CPS, scanne alors le QR Code pour demander l’accès aux informations de la prescription auprès des serveurs de l’Assurance Maladie.
  6. A cette étape de téléchargement des données, l’identité du patient est “reconstruite” et l’ordonnance lui est “attribuée”.
  7. Le pharmacien peut alors délivrer les médicaments et imprime, comme aujourd’hui, les informations de délivrance au dos de l’ordonnance.
  8. Le statut de l’ordonnance est à ce moment-là mis à jour sur la base de l’Assurance Maladie.

Si vous souhaitez encore plus de détails, nous vous invitons à consulter la Doctrine Technique du Numérique en Santé.

 Deux éléments importants de ce mode de fonctionnement rendent impossible l’apport de services à valeur ajoutée pour le patient.

 En premier lieu, le patient détient toujours une ordonnance papier, avec toutes les contraintes que nous lui connaissons. Deuxièmement, le fait que les informations soient anonymes, et donc illisibles, jusqu’à la délivrance de l’ordonnance, font qu’aucun service ne peut être proposé entre le moment où le médecin prescrit et celui où l’ordonnance est traitée par un pharmacien.

 

 

Quels avantages pour les différents acteurs de la santé ?

 

 

Pour les éditeurs de logiciels, les plateformes e-santé et de télémédecine :

Ces acteurs sont les premiers concernés par l’évolution des ordonnances et le passage à la e-prescription, puisque ce sont eux qui permettent aux professionnels de santé de l’utiliser dans leur quotidien.

Leur permettre de faire évoluer leurs solutions et de se conformer à la e-prescription en évitant des mois de développement interne. Cependant, cette première étape d’intégration des nouveaux standards, si elle est nécessaire pour se rendre interopérable et communiquer sur les bases de la e-prescription, ne constitue pas la finalité.

Encore une fois, qu’ils interviennent en amont ou en aval de la prescription, il est important de leur proposer un supplément leur permettant d’optimiser significativement leurs solutions.

Pour les établissements de santé :

La dématérialisation des flux d’ordonnances est un enjeu crucial pour tous les établissements et les professionnels de santé.

Les avantages qu’ils en retirent se comptent en nombre : économies, gain de temps, simplicité de gestion, amélioration du suivi des patients, etc.

De plus, nos interfaces de prescription ou de gestion des prescriptions sont conçues pour faciliter au maximum le traitement des ordonnances.

Pour les patients :

En dématérialisant l’ordonnance à sa source et en offrant au patient un espace pour la gérer, cela permettra le développement et la connexion de services dès les premières étapes du parcours de soin.

Les prochaines applications fonctionneront comme un compagnon de la santé du patient à tout instant. Grâce aux données, il pourra gérer ses ordonnances, ses traitements de manière intelligente et retrouvent tous les services de prise en charge dont il a besoin (pharmacies, laboratoires, transports sanitaires, etc).

 

 

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